La crise soudanaise de 2023 : Une lutte de pouvoir qui pourrait se transformer en combat à mort
Il est indéniable que le Soudan a fait face à de nombreux coups d’État et à de longues périodes d’agitation sociale depuis son indépendance en 1956. Cependant, la récente explosion de violence dans sa capitale, Khartoum, a révélé au monde les réalités des multiples conflits en cours dans cette nation nord-africaine.
Au cœur des affrontements se trouvent deux forces rivales : les Forces armées soudanaises (SAF) dirigées par Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (RSF) dont le commandant est Mohamed Hamdan Dagalo. Jusqu’à récemment, les deux dirigeants étaient des alliés qui ont collaboré pour renverser le dictateur soudanais de longue date Omar al-Bashir en 2019, et se sont à nouveau associés pour mettre fin au gouvernement de transition via le coup d’État militaire de 2021. Ce « partenariat d’intérêts mutuels » entre le commandant des forces armées soudanaises et le chef des RSF a pris fin lors des négociations visant à intégrer les RSF dans l’armée soudanaise dans le cadre des plans de rétablissement du pouvoir civil. Cependant, cette dernière a non seulement exclu les négociations, mais a également appelé au démantèlement de ce qu’elle a qualifié de « milice rebelle » pour la première, provoquant le chaos à Khartoum et dans ses environs.
Les combats ont donc éclaté dans la matinée du 15 avril, les RSF affirmant dans un communiqué avoir pris le contrôle de plusieurs sites clés de la ville, notamment l’aéroport international de Khartoum et le palais présidentiel. Simultanément, l’armée a également exhorté les citoyens à rester à l’intérieur, l’armée de l’air étant engagée dans la poursuite des troupes des RSF. Avec des tirs nourris et des explosions entendus en plusieurs endroits de Khartoum, les combats ont transformé les quartiers autrefois tranquilles de la capitale et de ses environs en zone de guerre.
Au 18 avril, les affrontements sont entrés dans leur troisième jour. Près de 185 civils innocents ont perdu la vie et plus de 1800 sont gravement blessés. Diverses organisations internationales telles que l’ONU, la Commission de l’Union africaine (UA) et le Conseil de la Ligue arabe, ainsi que de nombreux pays comme l’Égypte, la Turquie, la Russie, les États-Unis et l’UE, ont appelé à un arrêt immédiat de tous les affrontements armés au Soudan.
Ce qui reste à voir maintenant, c’est si les médiateurs régionaux et internationaux interviendront de la bonne manière et tenteront de stabiliser le Soudan de façon à briser son impasse politique de longue date, ou s’ils aggraveront tellement la situation qu’elle mènera à un « combat à mort » entre les deux factions rivales.
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